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Communiqué de la direction du Tour de France
Les organisateurs du Tour de France prennent acte du rejet, par le Tribunal Arbitral du Sport, de leur demande d’exclusion de l’équipe de M. Manolo Saiz, nommée depuis peu Astana-Würth, du Tour de France 2006.
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Interviews
Chaque jour, retrouvez deux interviews des directeurs sportifs ou managers des équipes engagées sur la Grande Boucle. Pour letour.fr, ils détaillent leurs objectifs, leur stratégie et reviennent sur l'état de forme de leurs coureurs.
« Notre dĂ©termination est totale »
Christian Prudhomme Plusieurs coureurs, dont les favoris de cette édition 2006, seront absents au départ. Comment cette décision a été prise ?
Depuis le dĂ©but de l’enquĂŞte menĂ©e par la Guardia Civil dans le cadre de l’opĂ©ration « Puerto », nous attendons la production par la justice d’un document officiel nous permettant de prendre une dĂ©cision. Nous avons eu connaissance d’une liste de coureurs, qui nous a Ă©tĂ© transmise par l’intermĂ©diaire de la fĂ©dĂ©ration espagnole de cyclisme. Ayant ces Ă©lĂ©ments, nous avons rencontrĂ© les membres de l’AIGCP, Ă qui nous avons soumis cette liste. Les groupes sportifs ont dĂ©cidĂ© Ă l’unanimitĂ© que les coureurs y figurant seraient Ă©cartĂ©s de la sĂ©lection pour le Tour, sans qu’il n’y ait aucun remplacement. Je tiens Ă signaler que le comportement de T-Mobile, qui a immĂ©diatement suspendu deux des coureurs et le directeur sportif nommĂ© dans l’affaire, a Ă©tĂ© exemplaire et dĂ©cisif.
Qu’en est-il pour l’équipe Astana-Würth ?
Il se trouve que plusieurs coureurs de cette équipe, certains étant engagés sur le Tour et d’autres étant absents de la sélection, sont impliqués. La quantité de noms apparaissant peut laisser penser qu’il s’agit d’un système de dopage organisé au sein de l’équipe. Je regrette donc que nous n’ayons pas eu cette liste vingt-quatre heures plus tôt. La décision du TAS, qui nous a donné tort par manque d’éléments concrets, aurait probablement été différente.
Et maintenant ?
Je continue de croire que le cyclisme est un sport magnifique, que le Tour de France est une épreuve d’exception où nous continuerons de voir de grands champions. L’ennemi ce n’est pas le vélo, c’est le dopage. Et notre détermination à lutter contre est totale.
« Ivan fait toujours partie de l’équipe »
Bjarne Riis Vous avez pris ce matin la décision d’écarter Ivan de l’équipe engagée sur le Tour ? Comment s’est passé cet épisode ?
Nous nous sommes réunis avec toutes les autres équipes et nous avons décidé de retirer tous les coureurs impliqués dans la liste fournie par la Guardia Civil. Ivan fait partie de ces coureurs, je lui ai donc expliqué qu’en application du code éthique, il ne serait pas au départ. Il était évidemment très triste et abattu. Il continue de dire qu’il est innocent et qu’il n’a rien à se reprocher. Pour l’instant, il n’y a aucun élément qui permette de prouver qu’Ivan a triché. Donc je le soutiens et j’attends que l’enquête continue.
Vous lui accordez donc votre confiance…
Ivan ne sera pas sur le Tour car il est impossible pour un coureur de se concentrer sur son objectif alors qu’il est impliqué dans cette affaire. Mais tout cela est très difficile à croire pour moi. Je n’ai jamais eu aucun signe de quoi que ce soit de suspect concernant Ivan. Mais je ne peux pas être constamment avec mes coureurs, je ne contrôle pas ce qu’ils font quand ils sont loin de moi. Sachez que si j’ai la certitude qu’il a trahi ma confiance, je serai le premier déçu.
Comment voyez-vous l’avenir ?
Je travaille avec cette équipe depuis plusieurs années. Nous avons des règles, des méthodes de fonctionnement et des valeurs dans lesquelles je crois, donc je vais continuer dans ce sens. Nous devons tous être responsables de nos actes. Mon rôle est maintenant de mener cette équipe sur le Tour. Ils doivent courir car c’est la décision que j’ai prise. Maintenant c’est à moi de les motiver. Il n’y a pas de leader pour le moment, pas de stratégie, mais je souhaite que l’équipe se comporte du mieux qu’elle pourra sur la course.
« Une Ă©tape de prestige pour Simoni »
Matxin Fernandez (SAUNIER DUVAL – PRODIR) Depuis le début du Giro, les coureurs de Saunier Duval se sont souvent mis en évidence. Quels sont les objectifs sur le Tour ?
Nous venons effectivement sur le Tour avec des coureurs en pleine confiance, qui ont envie de continuer à se montrer sur le Tour de France. Il y a d’abord les Italiens avec Gilberto Simoni, un habitué des podiums sur le Tour d’Italie (3ème de la dernière édition), et Leonardo Piepoli, qui a notamment gagné deux étapes sur le Giro cette année. Puis les Espagnols, qui sont des coureurs plus jeunes mais qui ont prouvé cette année que leur potentiel était important : Jose Angel Gomez Marchante en gagnant le Tour du Pays Basque, et David Canada, vainqueur d’étape sur le Tour de Catalogne. Avec tous ces atouts, je pense que nous avons de quoi gagner une étape.
Il n’y a donc pas de grosse ambition pour le classement général…
Je ne crois pas que nous puissions viser le podium, par exemple. Donc pour quelqu’un comme Simoni, je pense qu’il est plus intéressant de s’imposer sur une étape de prestige, comme à l’Alpe d’Huez ou à la Toussuire par exemple. Pour le général, Gomez Marchante sera notre leader, avec la possibilité de se hisser jusqu’au Top 10.
Le Tour débute également par un gros défi pour David Millar…
C’est une de nos grosses chances de victoire d’étape. Nous misons beaucoup sur lui pour le prologue, il a vraiment envie de prouver qu’il mérite de revenir après deux ans de suspension. Pour lui c’est un grand retour. Il s’est entraîné dur, avec du travail spécifique effectué notamment à San Diego en Californie, puis sur piste à Manchester. Il a le niveau pour s’imposer sur le prologue.
L’équipe : David Millar (Gbr), David Canada (Esp), Nicolas Fritsch (Fra), Jose Angel Gomez Marchante (Esp), Ruben Lorato (Esp), Riccardo Ricco (Ita), Christophe Rinero (Fra), Gilberto Simoni (Ita), Francisco Ventoso (Esp).