L'éditorial

Toute occasion sera bonne à saisir au long du parcours.

Australie, Qatar, Langkawi, Californie : quand les coureurs disséminés de par le monde auront retrouvé la route de notre belle Europe, Paris-Nice marquera comme chaque année depuis plus de soixante-dix ans le premier grand rendez-vous de la saison cycliste.

Particularité de la 65e édition de l'épreuve, elle contournera le Massif Central par l'ouest. Ainsi, après le Grand Départ des Hauts-de-Seine et le prologue classique et apprécié d'Issy-les-Moulineaux, nous dirigerons-nous plein sud, jusqu'à Limoges, halte traditionnelle du Tour de France mais étape inédite sur Paris-Nice, avant d'amorcer une transversale vers l'est, en direction de la Côte d'Azur.

Sur le papier, quatre étapes offrent tout particulièrement, par leur profil, des possibilités d'action aux prétendants à la victoire finale. Elles sont concentrées, fort logiquement, dans la seconde partie de l'épreuve. Le final à Mende sera particulièrement corsé. Nul ne pourra en effet négliger, pour assouvir ses ambitions, avouées ou cachées, le tracé hautement sélectif qui nous mènera au sommet de la côte de la Croix-Neuve, là précisément où Christophe Moreau avait triomphé lors de l'unique édition du Tour du Languedoc Roussillon. Les quelques secondes grappillées sur ces rampes acérées, juste avant la piste d'aérodrome qui consacra si joliment Laurent Jalabert un 14 Juillet de légende, vaudront assurément de l'or quelques jours plus tard sur la Promenade des Anglais.

Mais l'un des attraits de la « Course au soleil », c'est qu'elle peut se jouer partout, sur les routes d'Eure-et-Loir ou dans l'Indre, dans le Cantal ou dans les Alpes de Haute-Provence, où nous renouerons avec la belle tradition de Manosque, qui fit les beaux jours de Paris-Nice jusqu'au début des années soixante-dix. Toute occasion sera bonne à saisir au long du parcours. Songez en effet que ces trois dernières années quinze secondes au maximum ont séparé le lauréat de son dauphin à l'issue des huit jours de course !

Christian PRUDHOMME