Journal de l'étape

étape 14 - Mazamet Plateau-de-Beille 197 km
dimanche 22 juillet

le film de l'étape

Contador prend son envol

La première étape pyrénéenne a d’emblée pris l’accent espagnol. Après la formation d’une échappée de six coureurs, avec Gutierrez (GCE), Perez, Txurruka (EUS), Kuschynski (LIQ), Barredo (QST) et Colom (AST), qui ont ouvert la route jusqu’au pied de la dernière ascension du jour, c’est Alberto Contador, entouré de ses coéquipiers Popovych et Leipheimer, qui ont achevé la sélection au sein du groupe des favoris. Animateur principal des derniers kilomètres avec Rasmussen, qu’il a devancé dans l’emballage final, Alberto Contador remporte sa première étape sur le Tour de France. Il s’empare aussi de la deuxième place du classement général devant Cadel Evans, qui n’est pas parvenu à suivre le duo de tête en fin d’étape.

Soler chasse les points
L’entrée en matière est immédiate, avec la côte de Saint Saraille, qui permet aux Espagnols d’afficher immédiatement leurs prétentions sur les montagnes pyrénéennes. Perez est l’initiateur d’un mouvement au km 1,5 : il entraîne avec lui Schumacher (All - GST), Barredo (Esp - QST), De la Fuente (Esp - SDV), Cardenas (Col - BAR), puis Botcharov (Rus - C.A), Martinez (Esp - DSC) et Gutierrez (Esp - GCE), mais les points en jeu au sommet attirent la convoitise des poursuivants de Rasmussen au classement de la montagne. Soler, qui passe la ligne en deuxième position, se retrouve ainsi au même niveau que Rasmussen, tandis que Popovych se rapproche également.

A six, dont cinq Espagnols
Dans la plaine, un nouveau groupe à forte consonance espagnole se constitue, mais se retrouve condamné par la contre-attaque d’un groupe où se trouve Michaël Rasmussen. Après la jonction opérée au km 18, les 27 coureurs sont en effet pris en chasse par les coureurs de Predictor-Lotto en tête du peloton. Seuls six d’entre eux parviendront à poursuivre l’aventure une fois le danger d’une grosse cassure écarté. Gutierrez (GCE), Perez, Txurruka (EUS), Kuschynski (LIQ), Barredo (QST) et Colom (AST) entament alors une collaboration qui les mène au km 63 avec une avance maximale de 11’20’’.

Rabobank, avec Saunier Duval
Les équipiers de Rabobank, aidés par ceux de Saunier Duval, prennent en charge le contrôle des échappés, dont l’avance est stabilisée autour de 10’ à partir du km 70. Au pied de la montée vers le Port de Pailhères, les six coureurs ont 6’30’’ d’avance. Après quelques accélérations et regroupements, Kuschynski et Barredo cèdent, laissant Perez, Txurruca, Colom et Gutierrez passer ensemble au sommet.

Vinokourov coince
Derrière, le peloton est secoué par une sévère sélection, menée dans un premier temps par les Saunier Duval, puis par les Rabobank. Christophe Moreau fait les frais de l’accélération dès les premières pentes. Parmi les favoris, c’est surtout Vinokourov qui coince à 6 km du sommet : il franchit la ligne avec 5’25’’ de retard sur Rasmussen, entouré de 24 coureurs. La descente permet à la fois à Barredo de rejoindre le groupe de tête, et à quelques attardés, comme Hincapie, Popovych ou Mayo, de recoller avec le peloton principal.

Colom en solo
Au pied de la dernière difficulté, il y a 2’35’’ d’avance pour Gutierrez (GCE), Perez, Txurruka (EUS), Barredo (QST) et Colom (AST). Ruben Perez, qui avait passé les kilomètres précédents à travailler en tête de groupe, laisse la responsabilité à Txurruka de représenter l’équipe Euskaltel. Ils ne sont plus que quatre dans l’ascension finale. Mais à 13 km de l’arrivée, Antonio Colom a distancé ses compagnons d’échappée

Evans lâché à 5 km
Au sein du groupe des favoris, l’écrémage est très rapide. Parmi les prétendants au podium final, Mayo et Valverde, lâchés à 14 km de l’arrivée, sont les premiers à rejoindre Vinokourov sur la liste des perdants du jour. Puis sous l’action du travail de l’équipe Discovery Channel, et principalement de Popovych qui donne la cadence pendant la majeure partie de la montée, le groupe ne comporte plus que sept coureurs. L’explication finale est provoquée par Contador, qui lance les hostilités. Ses attaques répétées dans les 7 derniers kilomètres, en alternance avec les offensives de Soler et Rasmussen, finissent par achever tous leurs contradicteurs, y compris Cadel Evans, distancé à 5 km de la ligne.

Vinokourov dans le grupetto
Rasmussen et Contador reprenant Colom à 3 km de l’arrivée, c’est entre les deux plus solides grimpeurs du Tour que se joue la victoire d’étape. Dès lors, Contador reste dans la roue du Danois et répond à une accélération dans les 300 derniers mètres. Pendant que Contador prend la deuxième place du classement général en même temps qu’il remporte sa première victoire d’étape, Vinokourov sombre : le Kazakh termine avec le grupetto, avec près de 29’ de retard sur le vainqueur du jour

 

Les interviews

Michaël Rasmussen : « Nous avons encore 400 km dans les Pyrénées »

Battu en fin d’étape par Alberto Contador, Michaël Rasmussen conserve la tête du classement général.

« C’était probablement l’ascension et la fin d’étape la plus difficile de toute la course. Le Tour n’est venu ici que peu de fois, et j’aurais bien voulu ajouter mon nom à celui de Pantani et Armstrong au palmarès de cette arrivée d’étape. Mais c’est une belle victoire pour Alberto. Je suis de toute façon content de l’offensive d’aujourd’hui.
Mon équipe a encore roulé très fort. J’ai essayé de les retenir un peu, parce que je sais que nous avons encore plus de 400 km à parcourir en montagne, et il y aura encore de la bataille devant nous.
Je suis arrivé à un moment où je me suis dit « d’accord, je ne vais peut-être pas remporter l’étape, mais je suis capable d’éliminer de manière significative des rivaux pour la victoire finale. Alors je me suis donné jusqu’à la ligne d’arrivée et bien sûr, Contador était en meilleure position pour l’arrivée. Mais il y a encore un long chemin, et je pense que nous devons accepter que les choses peuvent encore changer. Tous ceux qui sont à moins de six ou sept minutes de moi peuvent encore gagner. »

Alberto Contador : « Je vais attaquer Rasmussen »

Vainqueur de l’étape du Plateau de Beille, Alberto Contador prend la deuxième place du classement général et se positionne maintenant comme un potentiel vainqueur du Tour.

« C’est une journée très importante qui est passée, mais il en reste trois tout aussi difficiles, avec les deux étapes pyrénéennes et le contre-la-montre individuel. Si je veux gagner le Tour, il faut que je passe sans problèmes ces trois journées, mais je sais très bien que cela peut arriver d’avoir une mauvaise journée. Mais je sais aussi que cela peut arriver à Rasmussen.
Pour le moment le leader de la course c’est Rasmussen, et il a montré qu’il était très fort. Aujourd’hui, j’ai réussi à faire la différence sur Cadel Evans. Maintenant, je dois essayer d’attaquer Rasmussen, et je vais le faire.
Avec l’équipe, nous avions décidé aujourd’hui de prendre la responsabilité de la course, comme a aussi essayé de le faire Saunier Duval, avec moins de succès. C’est pourquoi nous avons envoyé Hincapie et Popovych en tête du groupe pour organiser une sélection. Ensuite, j’ai choisi le moment d’attaquer, quand mes jambes étaient prêtes pour le faire. »

 

Les dépêches

17:16 - Le Top 5 final

1. Contador
2. Rasmussen, m.t.
3. Soler, à 37’’
4. Leipheimer, à 40’’
5. Sastre, à 53’’

17:14 - Victoire de Contador

Première victoire sur le Tour de France pour Contador, qui a dépassé Rasmussen à 150 m de la ligne...

17:13 - 500 m de l’arrivée

Contador reste dans la roue de Rasmussen...

17:11 - Sous la flamme rouge

Rasmussen est toujours devant Contador...

17:10 - Soler attaque

Le Colombien distance Sastre et Leipheimer...