
Nice
119 km
dimanche 16 mars
Après avoir connu trois fois le podium de Paris-Nice (3ème en 2003, 2ème en 2004 et en 2007), Davide Rebellin remporte la victoire la plus serrée de l’histoire de l’épreuve. Pour conserver le maillot jaune qui lui avait échappé dans la dernière étape en 2007, l’Italien s’est attaché à contrôler son compatriote Rinaldo Nocentini, sur qui il a préservé une avance de 3’’ au classement général. Concentré avec son équipe sur cet unique objectif, Rebellin et ses coéquipiers ont laissé s’échapper un groupe de 35 coureurs en tête de course. Inspiré, Clément Lhotellerie a animé l’étape en attaquant dans un premier temps dans la montée vers le col de Porte, puis en se lançant dans un raid solitaire vers Nice. Dans l’ultime descente, le porteur du maillot à pois a été rejoint, puis dépassé par plusieurs coureurs, dont Luis Leon Sanchez. L’Espagnol, en attaquant à 3 km de l’arrivée, signe une victoire d’étape en tous points similaire à son succès cannois de 2007.
35 coureurs en tĂŞte
Le peloton est particulièrement agitĂ© en dĂ©but d’étape, sachant que le passage au premier sprint intermĂ©diaire est potentiellement un enjeu dĂ©cisif. Knaven (THR) est le premier Ă attaquer, mais son initiative est tout aussi vaine que celle de Franzoi, Kroon, Jegou, Huguet, Lequattre et Euser, au km 3. Un groupe beaucoup plus Ă©toffĂ© se dĂ©tache au km 10, avec Charteau, Losada Alguacil (GCE), Lorenzetto (LAM), Albasini, Corioni , Santaromita(LIQ), Van Den Broeck (SIL), Julich, Kolobnev, Kroon, Sorensen, Voigt (CSC), Pauriol (C.A), Gilbert, Jegou (FDJ), Benitez, Cobo Acebo, Passeron (SDV), Pineau (BTL), Possoni (THR), Huguet (COF), De Maar, Flecha (RAB), Arrieta, Dupont (ALM), Cretskens, Tosatto (QST), Lequattre (AGR), Grabsch, Schröder (MRM), Lowe, Pate, Peterson (TSL), Gosinnen et Hupond (SKS). Ils prennent dans un premier temps leurs distances avec le peloton (1’30’’au km 45), puis la montĂ©e vers le col de la Porte occasionne une recomposition profonde.
Chute pour Nocentini et Gesink
Profitant de cette ascension, Clément Lhotellerie, comme Anton et Cunego, quittent le groupe maillot jaune. Pauriol et Possoni, qui avaient pris les commandes au passage au col, tentent une percée plus significative dans la descente en compagnie de Benitez. Mais le groupe constitué autour du maillot à pois opère la jonction au km 67. Il y a dès lors 15 coureurs en tête - Losada Alguacil (GCE), Cunego (LAM), Albasini, Santaromita (LIQ), Van de Broeck (SIL), Julich (CSC), Pauriol (C.A), Anton (EUS), Benitez (SDV), Pineau (BTL), Possoni (THR), Dupont (ALM), Tosatto (QST), Lowe (TSL) et Lhotellerie (SKS) -, avec 1’30’’ d’avance sur le peloton, qui a eu la décence d’attendre Nocentini et Gesink, retardés par une chute.
Lhotellerie insiste
Dans la montée vers La Turbie, le porteur du maillot à pois attaque et prend le large. La réaction de Cunego et de ses compagnons manque de tranchant. Lhotellerie passe donc au sommet avec 35’’ d’avance sur ses premiers poursuivants, et près de 2’’ sur le groupe principal, où Rebellin et Nocentini s’observent. Au pied de la montée vers le col d’Eze, ses efforts continuent de se traduire en chiffres : il a 50’’ d’avance, et 20 km à parcourir.
Doublé du bord de mer pour Sanchez
L’aventurier du jour subit le retour de ses poursuivants dans la dernière difficulté. Repris dans un premier temps par Benitez, il est surtout rejoint à 8 km de l’arrivée par Cunego et Luis Leon Sanchez, qui est parvenu à fausser compagnie au groupe maillot jaune. Coutumier des attaques sanglantes, Sanchez part à 3 km de la ligne et roule vers un succès d’étape en bord de mer, comme en 2007 à Cannes. Pour soigner son palmarès, il a dû résister au retour du peloton, mené par Maxime Monfort et Carlos Barredo. Arrivés dans le même groupe, Davide Rebellin et Rinaldo Nocentini gardent leurs positions. Rebellin remporte sa première victoire sur l’épreuve.
« Cela fait plusieurs annĂ©es que j’essaye de remporter cette course et que je termine sur le podium sans arrivĂ© Ă gagner, je suis donc vraiment content et soulagĂ©. C’était une très belle course, et surtout très difficile. Il faut que je remercie mon Ă©quipe, qui m’a permis d’y arriver.
Aujourd’hui c’était particulièrement difficile car il y a eu beaucoup d’attaques et je devais absolument surveiller Nocentini. Finalement nous avons rĂ©ussi Ă bien contrĂ´ler la course, je suis restĂ© très concentrĂ© sur lui et il n’y a pas eu de problème. Dans ma saison, mon objectif c’est surtout d’être bon dans la pĂ©riode qui va de Paris-Nice aux classiques de printemps. Maintenant que j’ai rĂ©ussi ici, j’espère bien gagner encore une belle course en Belgique, comme je l’ai fait dans le passĂ©. »
1. Sanchez
2. Monfort
3. Barredo
4. Moreau
5. Efimkin
L’Espagnol a rĂ©sistĂ© au retour de Barredo, qui franchit la ligne avec moins de dix mètres de retard
Sanchez a toujours une dizaine de secondes d’avance...
Il a 10’’ d’avance Ă 2 km de l’arrivĂ©e...
Sanchez a accĂ©lĂ©rĂ©, il est seul en tĂŞte Ă 3 km de l’arrivĂ©e...
Chaque matin avant le départ, Bernard Hinault donne son sentiment sur les enjeux du jour, les coureurs à observer sur l’étape, etc.
« Il s’est encore passĂ© beaucoup de choses hier. ClĂ©ment Lhotellerie a maintenant l’assurance de garder le maillot Ă pois, et surtout la descente vers Cannes a donnĂ© lieu Ă des rebondissements. Nous avons vu que l’équipe Rabobank a beaucoup souffert, elle n’a pas Ă©tĂ© capable de dĂ©fendre son maillot. Gesink s’est retrouvĂ© isolĂ©, ils n’ont donc pas pu contrĂ´ler la situation.
Je pense qu’à la place de Rebellin, j’aurais Ă©galement attaquĂ© dans la descente, je l’ai d’ailleurs fait plusieurs fois. Lorsqu’on sait qu’un athlète n’est pas très bien, c’est une occasion idĂ©ale de le « flinguer ». Maintenant rien n’est jouĂ©, puisque Rebellin n’a que 3’’ d’avance, et nous avons bien vu l’annĂ©e dernière qu’il peut se passer des choses dans la dernière Ă©tape. Mais Ă la diffĂ©rence de 2007, Rebellin peut compter sur une Ă©quipe qui n’a pas eu Ă travailler pour lui toute la semaine, et c’est très important. »