
Hautacam
156 km
lundi 14 juillet
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Christian Laborde, né en 1955 à Aureilhan, réputé pour avoir écrit un des derniers livres frappés par la censure littéraire, L’os de Dyonisos. Passionné de vélo, il a aussi publié Le roi Miguel et Le petit livre jaune.
« Le départ est donné à Pau, ville dans laquelle les athlètes et les écrivains sont chez eux. C’est ainsi que l’on peut croiser, place Royale, ou dans les allées du Parc Beaumont, les fantômes de Vladimir Nabokov et de Fausto Coppi.C’est toujours un costaud qui gagne à Pau, et les Palois se souviennent de la victoire du « Taureau de Nay », Raymond Mastrotto, équipier de Jacques Anquetil, en 1967. On l’avait aussitôt entouré, bousculé ; les journalistes lui collaient sous le nez micros et calepins. Et Mastrotto avait lâché : « Hé bé putain ! c’est pas demain que je vous en gagne une autre ! ». Adepte des jurons, de l’explosion syllabique, il n’y allait pas par quatre chemins, Raymond, surtout qu’il fallait attaquer le Tourmalet.
Le Tourmalet : parlons-en ! Les lexicologues et autres étymologistes prétendent que Tourmalet signifierait, en gascon, « mauvais détour ». Ces gens-là ne savent pas regarder les mots, tâter le tissu dont ils se parent, lire dans leur sillage. Henri Desgrange le savait bien : Tourmalet commence par Tour et finit par alet, du latin ala, aile. Rares sont ceux qui sur ses pentes ont des ailes… Hautacam est un sommet neuf, au nom sonore, mêlant les tam-tams d’Afrique et les pistons des locomotives : tacam, tacam, tam ! Tacam, tacam, tam… La plus belle locomotive dans les lacets d’Hautacam demeure Miguel Indurain, montant assis, en jaune, le buste parfaitement immobile, la visière de sa casquette blanche posée sur la monture de ses lunettes noires, en 1994. C’était éblouissant. Une leçon de style. Le style, c’est précisément ce que Nabokov et Coppi ont en commun. »