
Prato Nevoso
183 km
dimanche 20 juillet
Les quatre échappés du jour, partis sous la pluie, ont ensuite bénéficié de circonstances de course malheureuses pour Pereiro, victime d’une lourde chute, mais profitables à leur entreprise. Gerrans a été le plus puissant dans l’explication finale pour la victoire d’étape. Derrière lui, le combat pour le Maillot Jaune a été remporté par Frank Schleck, qui prend la tête du classement général avec 7’’ d’avance sur Kohl, 8’’ sur Evans.
Sous la pluie
C’est au km 12, sous la pluie, que se détache l’échappée du jour, composée de Egoi Martinez (EUS), Danny Pate (GAR) et Jose-Luis Arrieta (ALM), rejoints au km 16 par Simon Gerrans (C.A). Les échappés progressent rapidement et obtiennent un avantage intéressant à mi-ascension vers le col Agnel (13’40’’, km 51). Ils passent au sommet avec 12’05’’ d’avance, sur un peloton qui a été mené sans précipitation par les Lampre, puis par Yaroslav Popovych et Johan Van Summeren, les lieutenants de Cadel Evans.
Lourde chute de Pereiro
Le peloton fait son entrée en Italie en commençant par une longue descente, que les échappés négocient sans encombre. En revanche, Oscar Pereiro chute lourdement au km 80 : une fracture et une luxation de la clavicule et du fémur sont diagnostiquées. Impressionné par ce spectaculaire accident, le peloton ralentit son allure. L’écart avec les quatre hommes de tête, situé autour de 12’ au moment de la chute du Maillot Jaune 2006, s’accroît alors jusqu’à 16’10’’ (km 90), puis 17’10’’ au ravitaillement.
CSC à l’avant
Un semblant de poursuite se redessine sous l’impulsion des Lampre, ainsi que des CSC, dont la position au classement par équipes est menacée par la présence d’Arrieta dans l’échappée. Malgré les efforts fournis, le peloton accuse tout de même un retard de 12’35’’ à 25 km de l’arrivée. La marge est suffisante pour que les quatre échappés envisagent sereinement l’ultime ascension.
Gerrans, au sprint
Dans la montée vers Prato Nevoso, Egoi Martinez déclenche le premier les hostilités dans le quatuor, à 8 km de l’arrivée. Arrieta est définitivement lâché, mais Gerrans, qui accuse le coup momentanément, revient au contact. Les trois derniers coureurs concernés par la victoire d’étape (7’ d’avance à 5 km de l’arrivée) passent le reste de l’ascension à s’observer. C’est presque à un sprint de pistards que l’on assiste dans le dernier kilomètre entre Gerrans, Martinez et Pate. A ce jeu, l’Australien est le plus puissant : son accélération distance ses rivaux dans les deux cents derniers mètres.
Attaque et chute pour Menchov
Loin derrière, l’explication démarre à 9 km du sommet, bien que le train mené par les CSC aient fait des dégâts à l’arrière dès les premières pentes. Avec les accélérations de Sastre dans un premier temps, puis de Menchov, le groupe se réduit en moins d’un kilomètre à dix coureurs : Evans, Sastre, F.Schleck, A.Schleck, Valverde, Kohl, Menchov, Vandevelde, S.Sanchez. Parmi eux Menchov se montre le plus remuant, mais son audace est mal récompensée. Après une attaque tranchante, à 5 km de l’arrivée, il glisse et chute dans un virage. Le bénéfice de son initiative est anéanti, mais le Russe revient dans le groupe. Une fois le groupe reconstitué, sans Sanchez, c’est ensuite Sastre qui passe à l’attaque. Menchov et Kohl parviennent à prendre sa roue, alors que Cadel Evans, qui peine à suivre, est en train de perdre son Maillot Jaune.
Le Maillot Jaune pour Frank Schleck
L’Australien se concentre sur la roue de Frank Schleck, mais devant, Kohl, Menchov et Sastre ont été rejoints par Valverde. Dans le dernier kilomètre, Kohl se détache pour aller grignoter quelques secondes. C’est également ce que fait Frank Schleck, qui distance Cadel Evans. Avec la 9ème place sur la ligne, il prend la tête du classement général, avec 7’’ d’avance sur Kohl, 8’’ sur Evans.
Le coureur autrichien a pris la tête du classement du meilleur grimpeur, ainsi que la deuxième place du classement général.
« Pendant la course on ne pense pas au chrono, on pense juste Ă faire son boulot, mais dans le dernier kilomètre j’ai commencĂ© Ă penser au Maillot Jaune. Je me suis dit « peut-ĂŞtre que c’est possible », mais Frank Schleck est très fort, et l’ensemble de l’équipe CSC a Ă©tĂ© impressionnante. Mais maintenant je suis très heureux avec cette deuxième place. Et avec le maillot de meilleur grimpeur, c’est parfait.
En ce moment je me sens très bien dans les montées, je vais donc essayer de garder ce maillot, mais avant tout, je vais surveiller ma position au classement général. Je ne pourrai pas vraiment aller chercher les points pour le maillot à pois, puisqu’on ne me laissera pas partir très loin. Mais quand ce sera possible, j’essaierai.
Nous avons vu aujourd’hui qu’avec les Schleck, Sastre et Menchov, il y a encore d’autres coureurs capables de gagner. Si j’avais eu de meilleures jambes, j’aurais essayĂ© de creuser un peu plus l’écart, mais ma prĂ©occupation dans les trois derniers kilomètres, c’était surtout de suivre les mouvements. Et quand j’ai commencĂ© Ă gagner du temps par rapport Ă Cadel, tout a commencĂ© Ă ĂŞtre diffĂ©rent. C’était beau. »
L’aîné des frères Schleck a pris le Maillot Jaune à l’arrivée à Prato Nevoso, en partie grâce à son frère, et plus généralement au travail de son équipe.
« Je suis vraiment heureux. C’est fou, spĂ©cialement après avoir ratĂ© pour une seconde le Maillot Jaune Ă Hautacam, alors que mon Ă©quipe avait dĂ©jĂ fourni un gros travail. C’était une honte. J’ai dit Ă mes coĂ©quipiers que j’étais vraiment dĂ©solĂ© de ne pas avoir ramenĂ© le Maillot Jaune Ă l’hĂ´tel. Mais ce soir, je vais pouvoir le faire. Ce Maillot est pour toute l’équipe. Aujourd’hui nous avons vu que le plus fort Ă©tait Andy. Avec sa puissance, il a rĂ©ussi Ă mettre tout le monde dans le rouge. Et ensuite j’ai pu attaquer. Je savais que si j’accĂ©lĂ©rais, Cadel Ă©tait juste dans ma roue, alors je devais obligatoirement le faire dans le dernier kilomètre. C’était aussi la meilleure chose pour Carlos : il a rĂ©ussi Ă sortir, et il s’est bien rapprochĂ© au gĂ©nĂ©ral, alors maintenant nous avons deux cartes Ă jouer.
J’ai toujours dit que je donnerais tout ce que je peux dans le Tour de France. J’ai fait beaucoup de sacrifices, je suis passé par beaucoup de souffrances, mais je ne savais pas de quelle manière cela viendrait. Simplement porter ce Maillot, je me disais que ce serait formidable, et maintenant je l’ai.
La stratĂ©gie d’attaquer Ă trois dans la dernière ascension, c’était bien, non ? Nous avions dĂ©jĂ ce plan dans Hautacam et cela avait marchĂ© parfaitement, alors nous nous sommes dits « pourquoi ne pas recommencer ? ». Ce qu’on a vu aujourd’hui, c’était un grand show. »
Le coureur australien remporte sur un scénario surprise l’étape de Prato Nevoso : sa première victoire en quatre participations au Tour de France.
Lorsque nous avons commencé l’ascension finale, avec un tel écart, j’ai tout de suite pensé que nous allions y arriver. C’est seulement à ce moment que j’ai compris que nous pourrions rester devant. Mais ce n’est qu’à cent mètres de l’arrivée que j’ai vu que je pouvais gagner. J’étais vraiment en difficulté, à un moment, mais j’ai réussi à reprendre Martinez et Pate.
Dans les Ă©tapes prĂ©cĂ©dentes, j’ai essayĂ© tous les jours d’aller dans une Ă©chappĂ©e, mais ce n’est jamais venu. Sur ce genre d’étape de montagne, je n’ai normalement rien Ă espĂ©rer pour la victoire, mais j’ai pensĂ© « après tout tu n’as rien Ă perdre, et il y a un jour de repos demain ». Après, j’ai donnĂ© tout ce que j’ai pu pour rejoindre l’échappĂ©e.
Dans le dernier kilomètre, j’ai commencé à vraiment y croire. Ils grimpaient mieux que moi, et c’est pour cela que je ne leur ai pas donné beaucoup d’aide dans l’ascension.
C’était mon but dans chaque Tour de France d’essayer de gagner une Ă©tape. C’est ma quatrième participation, cela a donc pris du temps, mais mieux vaut tard que jamais. »
9ème de l’Ă©tape, il prend la tĂŞte du gĂ©nĂ©ral avec 7’’ d’avance sur Kohl, 8’’ d’avance sur Evans...
On attend l’arrivĂ©e d’Evans et de F.Schleck...
Ils sont Ă 300 m de l’arrivĂ©e, Valverde est Ă son tour lâchĂ©
A 500 m de l’arrivĂ©e, Menchov a Ă©tĂ© dĂ©crochĂ©...
Il essaye d’aller chercher les secondes nĂ©cessaires pour distancer Evans au gĂ©nĂ©ral...