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Édito

Prendre position

Ils aiment rouler en Picardie. On ne vient pas nécessairement y chercher les honneurs des gros titres à la une de la presse mondiale.

Mais l’énergie que mettent les coureurs à s’imposer dans ce rendez-vous particulier rappelle que le cyclisme puise avant tout son intérêt dans la diversité des confrontations, dans la simplicité du spectacle. Celui qui est offert sur le Tour de Picardie tient pour beaucoup aux frissons que peuvent procurer des arrivées au sprint. Pour les explications musclées à grande vitesse, où la puissance se mêle à l’acrobatie, c’est bien sur cette course que l’on doit faire ses preuves. Les gros calibres de la spécialité, qu’il s’agisse de Tom Boonen ou de Robert Hunter, ont d’ailleurs saisi l’opportunité de cette répétition de qualité, avant d’aller chercher des bouquets plus prestigieux encore.

Pour goûter le sel de cette épreuve, il faut en effet être amateur de perspectives. À mi-chemin entre la fin de la grande saison des classiques et l’échéance majeure du Tour de France, l’heure est à la prise de position. Et pas seulement pour les sprinteurs de l’élite mondiale. Les routes de Picardie se prêtent également à des performances de rouleurs, capables de décrocher une victoire d’étape après une attaque lointaine bien sentie. Ce genre de « coups » ne laisse généralement pas indifférents les managers d’équipes, qui ont encore quelques dossards à distribuer pour le mois de juillet. La capacité du Tour de Picardie à révéler des talents, c’est l’assurance d’y voir des coureurs se surpasser et, pourquoi pas, se construire un destin.

Christian PRUDHOMME
Directeur du Tour de France