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Dimanche 3 novembre 2002
Étape 5 | Hounde > Bobo Dioulasso - 121,5 km   Etape Suivante   Etape Suivante
 
Première victoire française à Bobo Dioulasso
 

© Copyright A.S.O.Il fallait bien que cela arrive : à force de mener grand train, le peloton du 16ème Tour du Faso a levé le pied aujourd’hui entre Houndé et la capitale de la province de Houet, la sélection s’opérant essentiellement par l’arrière. Les rares tentatives d’échappée ont vite avorté, personne ne semblant prêt à se lancer dans une hasardeuse chevauchée solitaire. A l’approche de l’arrivée, le rythme n’en fut que plus effréné et c’est en force que trois hommes se détachèrent, résistant au retour du peloton dans les rues de Bobo Dioulasso. Le sprint en légère montée a consacré le Français Vincent Dubot, plus puissant qu’Hamidou Sawagodo, le peloton arrivant 27 secondes plus tard. Le Marocain Abdelati Saadoune a passé une journée tranquille ; il conserve les maillots jaune, vert, bleu et blanc, ce qui lui a valu de la part des commentateurs Burkinabè le surnom de « Cannibale du Tour du Faso » !

 
Départ tranquille
© Copyright A.S.O. Le départ de la cinquième étape est donné à 8h58 à 68 coureurs, suite aux forfaits de Jose Aguado, Alzouma Ibrahim et Kowouvi Dossouvi. Le début de course est tranquille, malgré l’attaque désespérée de Lucien Zongo, qui ne reste pas très longtemps en tête. Au premier point chaud de Loumbia (Km 33), les gros bras se disputent le maillot rose : Marien y devance Syne et Ouzraoui. Au second point chaud de Kotegoudou (Km 80), Ouzraoui s’impose à Tonde et El Amal.

Tout se joue dans les rues de Bobo Dioulasso
© Copyright A.S.O.A l’approche de l’arrivée, le rythme s’accélère et la course devient nerveuse ; trois hommes sortent du peloton : Vincent Dubot, Hamidou Sawadogo et Adama Bakayoko. Dans le circuit final de seize kilomètres tracé dans les rues de la ville d’arrivée, les fuyards prennent une minute d’avance et, Bakayoko ayant décroché, la victoire se joue entre les deux hommes de tête.

Victoire de Dubot – Saadoune conserve le maillot jaune
La ligne droite finale, deux kilomètres en montée, est favorable au coureur du Limousin, plus puissant et plus véloce. Il signe la première victoire française, tandis que le Marocain Abdelati Saadoune conserve la tête du classement général. La moyenne générale de l’étape (37,5 km/h) traduit la grande fatigue du peloton ; la journée du repos sera la bienvenue...

 
La révolution démocratique du Burkina Faso

© Copyright A.S.O.Inaugurée le 25 octobre 2002, la huitième édition du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (S.I.A.O) ferme ses portes ce soir, alors que le 16ème Tour du Faso s’apprête à entamer sa seconde semaine de course. Un lien fort unit ces deux événements majeurs, qui ont contribué à développer la notoriété et la reconnaissance internationale du Burkina Faso. Les deux rendez-vous ont été créés en 1984, quelques mois après la Révolution du 4 août 1983 qui a porté le Capitaine Thomas Sankara au pouvoir. 1984 : date charnière dans l’histoire du pays, qui change de nom et abandonne l’ancienne dénomination de Haute Volta au profit de Burkina Faso, littéralement « le pays des hommes intègres ».

Le S.I.A.O est une manifestation biennale, qui, dès sa création, a été une réussite populaire fondée sur le slogan « consommons ce qui nous produisons ». Devenu en deux ans la vitrine du savoir-faire burkinabè, le S.I.A.O a prouvé au monde entier qu’un petit pays africain était capable de produire des produits de qualité et d’organiser un événement de renommée mondiale.

© Copyright A.S.O.Parallèlement, le Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), dont la prochaine édition est programmée en février 2003, a conféré un nouvelle dimension aux réalisateurs du continent et donné au cinéma africain une audience planétaire. Un succès médiatique et artistique symbolisé par le monument de la Place des Cinéastes, figurant des bobines de film et une caméra.

De telles manifestations témoignent de la volonté d’ouverture de l’actuel Président, Son Excellence Blaise Compaoré, dont l’action vise à démocratiser et moderniser le pays. Depuis son accession au pouvoir en octobre 1987, à l’occasion de la «Rectification», le Chef d’Etat burkinabè a organisé des élections présidentielles libres, qui l’ont sacré à deux reprises (1991 & 1998), et accordé à l’opposition un statut officiel. Le 30 mars 2000, la Journée du Pardon a été l’occasion pour la Présidence de demander pardon au peuple burkinabè pour les violences politiques et les injustices économiques dont il a pu être victime depuis l’indépendance. Tous les Présidents ayant exercé depuis 1960, à l’exception de Maurice Yaméogo et de Thomas Sankara, décédés, ont été associés à l’événement, destiné à « adoucir les cœurs ». Le 5 mai 2001, pour la première fois dans la vie politique nationale, tous les partis de l’opposition ont pris part aux élections législatives, donnant naissance à une Assemblée équilibrée, avec une majorité et une véritable force de contestation (l’ADF/RDA), dont le chef de file, Hermann Yaméogo, est le fils du premier Président de la Haute Volta libre.

© Copyright A.S.O.Nous recevant chez lui, où il partage avec nous le tô, galette de mil qui constitue la base de l’alimentation des Burkinabè, Alexandre Le Grand Rouamba, journaliste du quotidien « Le Pays » où il s’occupe du sport et des questions religieuses -le sport étant chez lui une autre forme de religion-, nous explique que la situation s’est nettement améliorée, mais que de gros progrès restent à faire : « Le FMI et la Banque Mondiale considèrent le Burkina comme un bon élève, mais la ménagère ne voit pas le fruit des ces efforts au fond du panier. Il reste beaucoup à faire. Reconnaissons que le Burkina est en train de se muer en véritable Etat démocratique et cette révolution est une réelle avancée pour le petit pays que nous sommes. »

Pour appuyer son propos et témoigner de la reconnaissance internationale du Burkina, Alexandre le Grand nous rappelle que la Coupe d’Afrique des Nations y a été organisée en 1998 et qu’en 2004, le Sommet de la Francophonie tiendra sa session générale dans le quartier luxueux et moderne de Ouaga 2000. Une véritable consécration pour une nation qui n’a jamais renié ses liens avec la France ni son attachement pour la langue de Molière. « Impeccable ! », comme dirait notre ami Michel Bationo, l’ardoisier burkinabè du Tour du Faso et du Tour de France.

 
Abdelati Saadoune
Abdelati Saadoune
 
Étape
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
Général
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
1 mercredi 30 octobre 141,5 km
Ziniare - Koudougou
2 jeudi 31 octobre 142,5
Ouagadougou - Po
3 vendredi 1 novembre 105,5
Po - Kombissiri
4 samedi 2 novembre 136
Kokologo - Boromo
5 dimanche 3 novembre 121,5
Hounde - Bobo Dioulasso
6 lundi 4 novembre 86,5
Bobo Dioulasso - Banfora
R mardi 5 novembre -
Ouagadougou  
7 mercredi 6 novembre 138,5
Ouagadougou - Koupela
8 jeudi 7 novembre 82
Koupela - Fada N’Gourma
9 vendredi 8 novembre 152
Laye - Ouahigouya
10 samedi 9 novembre 72
Ouahigouya - Yako
11 dimanche 10 novembre 127,5
Yako - Ouagadougou