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Jeudi 7 novembre 2002
Étape 8 | Koupela > Fada N’Gourma - 82km
 
Salam Ouedraogo, jamais deux sans roi…
Au Stade France, le public avait entonné en finale de la Coupe du Monde de football 1998 le chant devenu un hymne à la gloire des Bleus : "Et un, et deux, et trois zéro !" La foule massée à l'arrivée de Fada N'Gourma aurait pu faire sien ce cri de victoire, suite au troisième succès consécutif des coureurs Burkinabè dans ce 16ème Tour du Faso. Triomphant sur le podium, Salam Ouedraogo a été intronisé Roi des Cyclistes Burkinabè, à l'issue d'une étape dantesque où il a montré des qualités de routier-sprinter tout à fait exceptionnelles. Dans le peloton, arrivé moins d'une minute plus tard, aucun maillot ne change d'épaule.
 
Départ retardé
Le départ de la huitième étape est donné à 8h38 à 64 coureurs, soit avec huit minutes de retard sur l'heure initialement prévue, ce qui a permis aux nombreuses personnes venues assister au spectacle de profiter un peu plus longtemps du Tour du Faso. La première échappée sérieuse est l'œuvre de Franck Vermeulen, qui remporte détaché le premier point chaud de Gounghin (Km 31), devant Syne et Marien, qui se disputent le maillot rose depuis le premier jour. La jonction s'opère à mi-course.

Un duo de choc
Peu après le Km 50, Sébastien Lebaron et Salam Ouedraogo se détachent et unissent leurs efforts pour tenir le peloton à distance, un peloton toujours sous la coupe de l'équipe du Maroc. Au second point chaud de Diapangou (Km 61 - Lebaron / Ouedraogo / Syne), l'écart s'élève à 1'52'' : l'affaire est jouée !



Victoire de S. Ouedraogo - Saadoune conserve le maillot jaune

Au sprint, le Burkinabè est une nouvelle fois le plus rapide. Succédant à son coéquipier Hamidou Sawadogo, Salam Ouedraogo savoure sa victoire, assis sur le sol, avant de rejoindre le podium, acclamé par la foule qui le fait roi pour un jour.
 
Issa Tapsoba, le Naaba nabab du Burkina

Issa Tapsoba ! Si vous visitez le Burkina Faso, retenez bien ce nom. Ce personnage jovial et dynamique ne se contente pas d'être un homme d'affaires avisé*, incontournable sur la place de Ouaga, il est également le Roi de Balkoui, un village situé à 15 kilomètres au sud de la capitale sur la route de Pô. "Balkoui Naaba Sonré", littéralement, dans la langue moré, le "chef du lever du soleil". Comme un bijou a besoin de lumière pour briller de mille feux, Issa a besoin des clartés aurorales pour que son aura illumine les quelque 5.000 habitants de son fief : "mon peuple a besoin de moi pour vivre comme moi j'ai besoin d'eux. Nous vivons en harmonie."

Issa Tapsoba a été intronisé le 17 juillet 2001, quelques mois après le décès de son père. Selon la coutume ancestrale du peuple mossi, celui qui succède au roi défunt est son fils aîné. Père de deux filles et d'un garçon, Issa est l'époux de deux femmes, mariages morganatiques dans la plus pure tradition islamique. L'une est comptable dans une grosse société de Ouaga, l'autre est étudiante en marketing à Houston, Texas. Quand il descend de sa rutilante Jaguar couleur bleue nuit, qu'il gare sur la terre battue à l'entrée de son village, le Naaba Sonré est accueilli par son peuple ; brandissant son sceptre, coiffé de sa toque royale, il s'assoit sur le trône et tous se prosternent devant lui. Spectacle anachronique qui déroute quelque peu, mais qui appartient à la tradition de cette chaleureuse communauté. Nous nous recueillons sur les tombes de ses aïeux, pierres rondes et plates décorées avec sobriété. Quelques instants plus tard, Issa se mêle aux siens pour une partie de football et nous fait la démonstration d'une technique irréprochable peaufinée à l'OGC Nice, où il jouait quand il était étudiant.

C'est là qu'il a rencontré Francis Ducreux, le fondateur du Tour du Faso. Les deux hommes se connaissent bien : "Francis et moi avons beaucoup œuvré pour que le Tour devienne un événement sportif international. Les premiers temps ont été difficiles, quand il a fallu démarcher des sponsors réticents et convaincre les coureurs de se lancer dans cette folle aventure. Les banderoles en tissu se salissaient vite et il n'y avait pas de podium protocolaire. L'arrivée du Tour de France dans l'organisation a singulièrement changé la donne. Pour ma part, je m'y implique moins, maintenant que je sais notre bébé entre bonnes mains…"



Avant de nous quitter, Issa nous montre les plans du nouveau Palais qu'il fait construire : une merveille, que l'on a hâte de voir sortir du sol… Une somptueuse bâtisse qui sera construite sur deux étages, démesurée, à la mesure du personnage. Avant de nous ramener en ville, Issa nous fait visiter son club de golf et tape quelques putts sur les greens sablonneux en latérite, que l'on devrait plutôt appeler "browns". Image étonnante d'un joueur de golf perdu dans un désert de sable ocre : "vous comprenez, nous explique-t-il, faire pousser du gazon sur les 85 hectares du parcours représenterait un vrai défi technique et financier." Attention, l'homme serait capable de le relever...

* Issa Tapsoba cumule les fonctions de Directeur du Journal du Soir, Directeur Général de la société Etif, prospère agence de publicité, Directeur Général de Building International et de patron du Golf Club de Ouagadougou.

 
SAADOUNE Abdelati
GALDOS Aitor
 
Étape
Individuel temps
Individuel points
• Équipe
 
Général
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
1 mercredi 30 octobre 141,5 km
Ziniare - Koudougou
2 jeudi 31 octobre 142,5
Ouagadougou - Po
3 vendredi 1 novembre 105,5
Po - Kombissiri
4 samedi 2 novembre 136
Kokologo - Boromo
5 dimanche 3 novembre 121,5
Hounde - Bobo Dioulasso
6 lundi 4 novembre 86,5
Bobo Dioulasso - Banfora
R mardi 5 novembre -
Ouagadougou  
7 mercredi 6 novembre 138,5
Ouagadougou - Koupela
8 jeudi 7 novembre 82
Koupela - Fada N’Gourma
9 vendredi 8 novembre 152
Laye - Ouahigouya
10 samedi 9 novembre 72
Ouahigouya - Yako
11 dimanche 10 novembre 127,5
Yako - Ouagadougou