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Vendredi 8 novembre 2002
Étape 9 | Laye > Ouahigouya - 152 km
 
Un sprinter belge dans les rues de Ouahigouya
Cette étape, longue et périlleuse, était redoutée par tous. Voilà certainement pourquoi le peloton a roulé tranquillement (37,8 km/h), ce qui n'a pas empêché de nombreux coureurs de lâcher prise en chemin. La seule échappée du jour a été avalée par le peloton à 500 mètres de la ligne, permettant au sprinter de Marco Polo, le Belge Lionel Syne, de remporter sa seconde victoire d'étape. Celui que tout le monde ici appelle "le Californien" endosse à cette occasion le maillot vert et conforte son maillot rose. Au terme d'une journée tranquille, le Marocain Saadoune reste confortablement installé en tête du classement général.
 
Départ donné par Jean-Marie Leblanc
Le départ de la neuvième étape est donné à 8h35 à 63 coureurs (un non-partant : Christof Marien), sous le regard attentif de Jean-Marie Leblanc, Directeur Général du Tour de France, invité à suivre les trois dernières étapes de la course. Deux échappées matinales se dessinent (dossards 32 / 34 / 102 / 126 - puis dossards 64 / 110 / 102 / 126), mais sont vite reprises par le peloton. A l'arrière, beaucoup de concurrents sont déjà en difficulté.

Rythme de croisière pour le groupe maillot jaune
Alors que la sélection continue à s'opérer par l'arrière, le peloton, emmené par le maillot jaune et l'équipe du Maroc, poursuit son petit bonhomme de chemin sur les routes inondées de soleil. La chaleur et la distance dissuadent toute velléité offensive, si bien que la course est peu animée. A l'arrière, le benjamin de l'épreuve, le Nigérian Afis Bakare, est victime d'une lourde chute ; mais il repart fort courageusement. A une vingtaine de kilomètres du but cependant, De Haan, Sawadogo, Milesi et Mederel s'échappent et parviennent à créer un écart supérieur à la minute.

Echappée reprise - victoire de Syne
Dans les rues de Ouahigouya, les quatre fuyards se battent comme de beaux diables mais ne peuvent rien contre le retour du peloton, emmené par le Maroc, le Burkina Faso et Marco Polo. Les hommes en bleu sont bien inspirés, car leur sprinter, malgré de fortes douleurs abdominales dans les cinquante derniers kilomètres, remporte l'étape et ravit le maillot vert à l'Espagnol Aitor Galdos. Le Marocain Abdelati Saadoune conserve le maillot jaune.

 
Tu seras un champion, mon Afis !

Parmi les nombreux personnages attachants rencontrés à l'occasion de ce 16ème Tour du Faso, le Nigérian Afis Bakare, dossard 112, est certainement le plus emblématique de l'épreuve. Non seulement il est Africain -et l'on sait que les athlètes noirs n'ont pas encore marqué de leur empreinte le cyclisme sur route-, mais il est également le benjamin du peloton ; si bien qu'il incarne à merveille l'esprit exotique et pionnier de la plus grande course cycliste du continent. Né le 2 décembre 1984 à Lagos State, Afis n'a pas encore fêté ses dix-huit ans, ce qui ne l'empêche pas d'être un routier accompli, doublé d'un pistard redoutable.

Alors qu'il n'a commencé le vélo qu'au mois de février 2000, il est déjà membre de l'équipe nationale du Nigéria, preuve d'un talent précoce. En 2000, lors de sa première compétition (le National Sport Festival), il a remporté la médaille de bronze dans l'épreuve chronométrée ; deux ans plus tard, c'est l'argent qu'il a décroché dans le contre-la-montre individuel, avant de s'adjuger le titre et la médaille d'or du Kilomètre (1mn 13sec). A l'évidence, son gabarit, sa musculature, sa morphologie le destinent à la route, où son endurance sera un atout maître. Le Tour du Faso est sa première compétition internationale, mais le jeune homme ne paraît ni impressionné, ni fatigué. Dans le peloton, bien que sa position reculée le tienne trop souvent éloigné des échappées, il est serein, bien calé dans les roues ; il apprend…

Quand on l'écoute, on comprend que le vélo n'est pas pour lui qu'un passe-temps : "C'est une vraie passion ; mon ambition est de passer pro le plus vite possible. Si demain, une équipe étrangère me recrute, comme la formation espagnole l'a fait pour le champion burkinabè Hamado Pafadnam, je signe sans hésiter. Je suis prêt à tous les sacrifices pour que mon rêve devienne réalité." Son champion favori ? Lance Armstrong, tout simplement. "J'adore la façon dont il court, son caractère, son physique, son calme, sa force physique et mentale. C'est un modèle pour moi !"



Interrogé sur les racines de sa passion pour le cyclisme, il répond sans hésiter : "le Tour de France. C'est une course que l'on peut voir chez nous à la télé. Franchement, c'est du bonheur intégral. Cet événement unit la plus belle course du sport que j'aime et le champion qui l'incarne, comment pourrait-il ne pas me fasciner ?" Cependant, bien du chemin reste à parcourir avant d'accéder au Graal des cyclistes, à commencer par un vélo digne de ce nom. Non que le sien soit obsolète, mais il est trop lourd et assez peu maniable. Une machine légère et performante l'aiderait beaucoup à franchir un nouveau palier et à se glisser dans les bons coups. Sur les routes du Burkina Faso, Afis Bakare court sous les couleurs d'un célèbre magazine australien, Ride Cycling Review (www.ridemedia.com.au) : déjà un premier sponsor ?
 
SAADOUNE Abdelati
SYNE Lionel
 
Étape
Individuel temps
Individuel points
• Équipe
 
Général
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
1 mercredi 30 octobre 141,5 km
Ziniare - Koudougou
2 jeudi 31 octobre 142,5
Ouagadougou - Po
3 vendredi 1 novembre 105,5
Po - Kombissiri
4 samedi 2 novembre 136
Kokologo - Boromo
5 dimanche 3 novembre 121,5
Hounde - Bobo Dioulasso
6 lundi 4 novembre 86,5
Bobo Dioulasso - Banfora
R mardi 5 novembre -
Ouagadougou  
7 mercredi 6 novembre 138,5
Ouagadougou - Koupela
8 jeudi 7 novembre 82
Koupela - Fada N’Gourma
9 vendredi 8 novembre 152
Laye - Ouahigouya
10 samedi 9 novembre 72
Ouahigouya - Yako
11 dimanche 10 novembre 127,5
Yako - Ouagadougou