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La course
 
Lundi 1er novembre 2004
Étape 6 | Pa (Sabou) > Koudougou - 156,5 km   Etape précédente   Etape Suivante
 
À deux secondes près
 
© Copyright A.S.O.Abdul Wahab Sawadogo (Bur) avait tout à perdre sur cette étape indécise où le peloton a emprunté une portion de piste en latérite de plus de 25 kilomètres, juste avant l'arrivée à Koudougou. Le Burkinabè, avec courage et prudence à la fois, a réussi à passer l'obstacle sans la moindre crevaison, ce qui lui permet de conserver le maillot jaune. Après une série de rebondissements attendus dans cette dernière partie, le Belge Joris Van Mechelen remporte l'étape juste devant Denis Flahaut, en roulant avec une roue crevée dans le dernier kilomètre. Et maintenant repos !
 
Le film de l'étape
L'étape amputée
© Copyright A.S.O.La 6ème étape, qui empruntait en partie et en sens inverse le tracé de l'étape Boromo-Houndé quelques jours plus tôt, a subi pour les mêmes raisons une modification en début de journée. L'état de la route ne permettant pas une circulation des coureurs en toute sécurité, les 42 km menant à Boromo ont été annulés. Les cyclistes ont tout de même signés les registres de départ à Pâ, avant de rejoindre dans les bus de leurs équipes respectives le lieu de départ réel. Plus que 115 km !

Une partie de yo-yo pour rien
Partis plutôt prudemment en prévision des difficultés à venir, les coureurs ont été moins pressés d'attaquer que lors des étapes précédentes. C'est après une dizaine de kilomètres que Gunter Cuylits (Bel), porteur du maillot rose, sort du peloton. Il creuse dans un premier temps seul un léger écart de 20'', puit poursuit son travail en compagnie d'Olivier Keita (Sen), avant que l'échappée ne se transforme en trio grâce au renfort de Bart Vendrig (Hol). Leur avance frôle la minute dès le kilomètre 30 pour retomber à 35 secondes 20 kilomètres plus tard et atteindre un point culminant à 1'05'' au km 63. Ce jeu de yo-yo ne leur aura toutefois pas servi à grand-chose puisqu'à l'approche du clou de la journée, le peloton se charge de mener la chasse.

Un kilomètre avec une roue crevée
© Copyright A.S.O.C'est donc un peloton groupé qui se présente à Sabou, à 25 km de l'arrivée et précisément à l'entrée du secteur sur piste. Karel Pattyn, porteur éphémère du maillot jaune il y a deux jours, mise tout sur cette portion et semble s'envoler vers une victoire d'étape. À mi-chemin, il compte 50'' d'avance sur le peloton et son avantage grandit jusqu'à 1'25'', à 8 km de l'arrivée. Mais la piste n'épargne rien au Néerlandais : en moins de 5 km, il enchaîne quatre crevaisons. Rejoint entre temps par le peloton, il laisse la place à deux autres aventuriers. Abdoulaye Thiam (Sen) et Joris Van Mechelen (Bel) tentent leur chance. Le premier crève dans le kilomètre qui suit. Van Mehcelen se retrouve seul, avec une quinzaine de secondes d'avance au moment où lui aussi « perce » un boyau, à un kilomètre de la ligne. Il continue toude même de rouler et conserve les deux petites secondes davance qui lui permettent de s'imposer devant Denis Flahaut et le maillot jaune A.Wahab Sawadogo.
 
Maillot rouge pour tout le monde

Et dire qu'ils ont failli en être privés, de cette poussière rouge qui s'incruste jusqu'au fond de la gorge ! La deuxième grande innovation de ce Tour après l'incursion au Mali lors de © Copyright A.S.O.l'étape 3, à savoir la portion de route non goudronnée entre Sabou et Koudougou, était en effet en suspens depuis plus d'une semaine. À l'origine, l'idée de faire emprunter cette piste au Tour avait été entérinée après des reconnaissances concluantes au mois de février. Les organisateurs avaient toutefois connaissance des dégâts que peuvent occasionner la saison des pluies sur l'état des voies. La confirmation nécessitait donc une deuxième inspection.

Une semaine avant le départ de l'épreuve, Laurent Bezault, lors d'une deuxième série de reconnaissances, a constaté l'ampleur du phénomène et pris la décision qui s'impose : « il n'est pas possible de laisser des coureurs s'élancer sur une piste dans cet état ». Le Directeur de l'épreuve n'avait en revanche pas abandonné. Avec l'appui du ministre des sports Toundoun Sessouma, le Tour du Faso a sollicité le ministère des infrastructures burkinabè,© Copyright A.S.O. qui s'est engagé à livrer une piste satisfaisante le jour J.

Malgré la garantie du gouvernement, Laurent Bezault s'est tout de même rendu sur les lieux la veille au soir. Jugée praticable, la piste avait néanmoins besoin de quelques petites finitions, effectuées dans la nuit avec une grande « lame . En prime, le tronçon a même eu droit à deux séances d'arrosage nocturnes pour tenter de limiter les méfaits de la poussière.

Mais ce n'est tout de même pas sur un tapis rouge qu'a eu lieu l'explication finale de l'étape 6. Tous l'attendaient ou presque. En tout cas, ces 40 km ont largement alimenté les conversations de bivouac. Une question revient à peu près à toutes les tables : « Est-ce que c'est plus dur que Paris-Roubaix ? ». Pour Bezault, ancien coureur de la grande époque de Toshiba, « c'est moins dur. Il s'agit quand même d'une route carrossable © Copyright A.S.O.empruntée tous les jours en voiture par les gens d'ici ». Même son de cloche du côté de Jean Stablinski, champion du monde en 1962 et directeur sportif de l'équipe de la Porte du Hainaut.

Chez les coureurs, les avis sont plus partagés, particulièrement après la course. Karel Pattyn, qui tenait une bonne occasion de remporter l'étape et de repartir à la conquête du maillot jaune, ne doit pas être d'accord. Coupé dans son élan par quatre crevaisons en cinq kilomètres, il rejoint la ligne dépité et amer. La grosse trentaine de coureurs qui a du s'arrêter pour dépannage ne se rappelleront pas non plus de l'arrivée à Koudougou comme d'une partie de plaisir.

© Copyright A.S.O.Même le vainqueur de l'étape, Joris Van Mechelen, qui a parcouru le dernier kilomètre avec une roue crevée, avoue avoir été surpris par la difficulté. Ce Belge, qui a participé à quelques courses flandriennes cousines de la reine des classiques, analyse la différence de technique : « sur les pavés il y a toujours moyen de rouler sur les côtés et d'éviter les endroits difficiles. Ici il y a du sable est des cailloux partout. Je suis mort mais content ». Et c'est bien le sentiment général qu'exprimaient la majorité des coureurs à l'arrivée, comme ce Nordiste pur jus qu'est Yann Befcop : « c'est horrible mais il faut le faire une fois dans sa vie ».
 
Classement général aux temps A.Wahab Sawadogo
Classement général aux points Thierry David
Classement général des sprints intermédiaires Gunter Cuylits
Classement général du  meilleur jeune Malick Thiam
Classement général UEMOA A.Wahab Sawadogo
Classement du 1er africain A.Wahab Sawadogo
Classement général du plus combatif
 
 Étape
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
 Général
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
1 Mercredi 27 octobre 136 km 
 Kokologo > Boromo
2 Jeudi 28 octobre 74 km 
 Boromo > Houndé
3 Vendredi 29 octobre 121 km 
 Orodara > Sikasso
4 Samedi 30 octobre 96,5 km 
 Sikasso > Orodara
5 Dimanche 31 octobre 121 km 
 Bobo Dioulasso > Bobo Dioulasso
6 Lundi 1er novembre 156,5 km 
 Pa (Sabou) > Koudougou
R Mardi 2 novembre
 Ouagadougou
7 Mercredi 3 novembre 100,5 km 
 Ouagadougou > Yako
8 Jeudi 4 novembre 74 km 
 Yako > Ouahigouya
9 Vendredi 5 novembre 180 km 
 Gourcy > Ziniaré
10 Samedi 6 novembre 96 km 
 Linoghin > Pouytenga
11 Dimanche 7 novembre 85 km 
 Kombissiri > Ouagadougou
 Total 1240,5 km