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| Samedi 6 novembre 2004 |
| Étape 10 | Linoghin > Pouytenga - 96 km |
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| Sous contrôle |
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 Le Burkina n'a pas l'intention de laisser quiconque menacer le maillot jaune qu'Abdul Wahad Sawadogo (Bur) ambitionne de ramener à Ouaga dimanche. La course a donc été cadenassée par les trois équipes burkinabè, qui ont avec 18 coureurs au total la force de dissuasion suffisante pour contrôler le peloton. Si le leadership du classement général semble acquis à Sawadogo, la lutte continue pour le maillot vert entre Denis Flahaut (Fra), vainqueur au sprint de sa 3ème étape, et Saïdou Rouamba (Bur), toujours porteur du maillot vert avec 9 points d'avance sur le Français.
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Un groupe de 7 éphémère
Dès le début de l'étape, Denis Flahaut, manifestement remis des problèmes digestifs qui l'avaient diminué la veille, attaque en solitaire. Il prend 100 m d'avance avant d'être rejoint par Ali Thiam (Sen) et Mahamadi Sawadogo (Bur) dans un premier temps, puis par Jérémie Ouedraogo (Bur), Jean Ilboudo (Bur) et Kris Heremans (Bel). La durée de vie de ce groupe de 7 est minime, le peloton opérant la jonction au kilomètre 5.
Mahamadi Sawadogo infatigable
Une tentative à trois, à quatre, en solo, puis à dix et à cinq, dégagent plusieurs constantes. Premièrement, les écarts ne dépassent jamais 30''. Ensuite, la réaction du peloton ne se fait jamais attendre, les échappés ne durant pas plus de 15 km. Enfin, l'infatigable Mahamadi Sawadago est presque toujours dans le coup : « on ne sait pas de quel métal il est fait ! », ajouterait Soufiane Coulibaly, l'animateur-vedette du Tour.
Flahaut vise deux maillots
Au km 80, un groupe improvisé de 4 franchit la barre des 30'' d'écart, mais l'armada burkinabè remet rapidement le peloton en ordre de marche pour reprendre les insolents à 5 km de la ligne d'arrivée. À 2 km, l'attaque de Stefan Roosen (Bel) semble faire mouche, mais ses 40 m d'avance fondent à l'approche de la ligne. Le sprint est lancé, Denis Flahaut est une fois encore le plus puissant. Mais Saïdou Rouamba, 5ème à Pouytenga, garde le maillot vert pour 9 points. Lors de la dernière étape, Flahaut aura deux lièvres à chasser, puisqu'il est à 20'' du maillot blanc récompensant le meilleur jeune, toujours détenu par le Sénégalais Malick Thiam.
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Les pompiers dans les temps
 Ils sont cyclistes comme ils sont pompiers. Par passion. Chez les « Yvelines », comme on les appelle aussi sur le Tour, on est loin du professionnalisme, et même du semi-professionnalisme qui est en de mise dans les équipes du reste du peloton, qu'elles soient africaines ou européennes. Car leur vie à eux, c'est la caserne. Trois journées par semaine (des vraies, de 24 heures !), les six garçons remplissent leur mission. Après s'être autorisé quelques plages indispensables de repos, il reste donc à nos pompiers une marge suffisante pour la pratique sérieuse d'un sport.
Et chez les soldats du feu, le sport c'est une institution, précisément les sports où on évite les blessures et donc les arrêts de travail. Pas une seule course à pied sur route ou une bonne cyclosportive qui n'accueille son contingent de pompiers, et souvent bien placés à l'arrivée.
Dans le monde du cyclisme amateur, nos hommes ont une petite réputation à défendre. Mais lorsque Henri Ditz leur a proposé l'aventure du Faso, une course tout de même classée 2.5 au calendrier de l'UCI, soit l'équivalent du Tour de l'Avenir, les réactions ont été tout aussi enthousiastes qu'interrogatives : « quand je leur ai expliqué exactement de quoi il s'agissait, tant pour le parcours que pour la participation, j'ai senti quelques craintes chez certains », se souvient Henri Ditz. Habitués à des courses régionales et nationales, les pompiers s'apprêtaient en effet à se frotter à un autre niveau. D'ailleurs, aucun d'entre aux n'avait déjà participé à une course à étapes. « Mais avec une bonne préparation, ça ne pouvait que passer », a parié à l'époque Henri.
Et effectivement, les pompiers des Yvelines n'ont pas à rougir de leur comportement dans le peloton, tout d'abord parce qu'ils devraient tous être à l'arrivée finale à Ouaga dimanche. « Souvent je remarque que nous arrivons en même temps que de nombreux coureurs qui évoluent en catégorie élite, c'est-à-dire trois divisions au-dessus de nous, ce qui prouve que nous ne sommes vraiment pas ridicules », se satisfait par exemple Thierry Lebeau. D'ailleurs, le meilleur représentant du groupe, Michel Duvigneau, pointe à la 12ème place du classement général.
Mais finalement, la comptabilité a peu d'importance, explique Henri Ditz : « Nous sommes là parce que nous aimons la compétition, mais ce qui les réjouit par dessus tout, c'est ce contexte de course inoubliable. Cela ne nous arrive jamais de voir des milliers d'enfants au bord des routes nous encourager. En France quand il y a 300 personnes à l'arrivée de nos courses, c'est le bout du monde. Et encore, ce sont les familles des coureurs ».
 Une fois les étapes terminées, l'état d'esprit forcément altruiste des pompiers reprend le dessus. Ils ont par exemple tenu à ramener des Yvelines plusieurs cartons de vêtements et d'accessoires de cyclisme, qu'ils ont distribué aux membres de toutes les équipes africaines sur la course. Les six garçons se sont également organisés un détour par la caserne de pompiers de Ouahigouya, où ils ont pu constater le décalage désolant des conditions de travail de leurs lointains (mais si proches) confrères : « Là où nous mettons au maximum 7 à 10 minutes pour nous rendre sur un accident, imaginez qu'ils ont un rayon d'action de 120 km et un seul véhicule d'intervention lourd, à peine équipé ! S'il se passe quelque chose pendant qu'ils sont sur un feu, ce sont ceux de Ouaga qui doivent venir », raconte Thierry Lebeau après la visite. « En même temps, je suis impressionné par tout ce qu'ils arrivent à faire avec le peu de moyens qu'ils ont à disposition. Comme dans tous les domaines, y compris le vélo, ici c'est la débrouille et ça marche ». Ce n'est pas Abdul Wahad Sawadogo, maillot jaune avec un vélo ressoudé par ses soins en plusieurs endroits, qui dira le contraire.
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