Ralentis par le vent
Le vent favorable des tout premiers kilomètres s’est transformé en un très fort vent de face peu avant les abords du Col de Fontaube. C’est dans cette ascension de deuxième catégorie que Aïtor Osa, alors deuxième du classement des grimpeurs, s’échappe pour empocher les points en jeu. Ziegler, porteur du maillot à pois, franchit le col quarante secondes plus tard en tête du peloton. Contador est troisième à ce premier sommet de la journée.
Une association qui fonctionne
Dans la descente, Nicolas Portal quitte le peloton pour rejoindre l’homme de tête. Une association se forme entre le jeune français de AG2R Prévoyance et l’Espagnol de Illes Balears. Ainsi, Osa laisse Portal prendre le maximum de points au sprint intermédiaire de Montbrun-les-Bains (Jaksche 3ème, en tête du peloton), alors que Portal lui rend la pareille en haut du Col de Macuègne. Les points pris par Osa lui permettent de revenir à égalité avec Ziegler au classement des grimpeurs. Près de huit minutes plus tard, le maillot à pois en danger prend la 3ème place en haut du col. L’entente est parfaite entre les deux échappés, qui creusent un écart maximal de 10’20’’ au passage dans le village de Monêtier (km 109).
Fin de l’aventure pour Portal
Peu avant l’ascension du Col de la Sentinelle, alors que l’avance des deux hommes se réduit, Osa place une accélération qui distance Portal. Le Français est repris par Kashechkin et Landaluze, auteurs d’une vaine tentative d’échappée dans le Col, puis par le peloton. Après avoir franchi le sommet en tête, ce qui lui permet du même coup de s’emparer du maillot à pois, Osa est rattrapé par un groupe de cinq coureurs (Menchov, Gonzalez, Julich, Kirchen et Contador).
Attaques de toutes parts
Suite à la descente du Col de la Sentinelle, les attaques se multiplient. Au passage au sprint bonifications de l’entrée dans Gap (premier passage), Jaksche, Julich et Pereiro empochent les secondes et les points, mais ne parviennent pas à consolider leur écart. A une dizaine de kilomètres de l’arrivée, dans la montée du Col de Manse, un groupe de trois coureurs (Sanchez, Landis et Bruylandts) se détache. En solitaire, Menchov sort du premier peloton et rejoint le trio.
Rebellin, dauphin sur les deux tableaux
Après une tentative d’évasion de Sanchez à trois kilomètres de la ligne, l’Espagnol est repris à la flamme rouge. Le sprint se précise, Menchov se montre le plus solide et s’adjuge la victoire d’étape. Derrière, Jaksche, qui a toujours su rester dans le premier groupe de poursuivants en compagnie de son dauphin provisoire Davide Rebellin, conserve le maillot jaune et blanc et s’approprie en plus le maillot vert avec un petit point d’avance. |
Denis Menchov (vainqueur de l’étape)
A quel moment avez-vous senti que cette victoire d’étape était jouable ?
Un des facteurs qui a permis que j’arrive dans des conditions favorables a été le fait que je n’ai pas réellement travaillé pendant toute la journée. En restant sagement dans le peloton, j’ai pu aborder la fin de l’étape en étant relativement frais. Alors comme je me sentais bien et que je me rappelais un peu du parcours de l’année dernière sur le Tour de France, j’ai tenté ma chance. Mais c’est seulement une fois sur la ligne que j’ai vraiment réalisé que je pouvais gagner !
Vous avez fourni un gros effort pour revenir sur les trois coureurs de tête dans la dernière ascension. Est-ce le genre de « coup » dont vous êtes friand ?
Aujourd’hui c’est vrai que j’ai bien réussi à sortir du peloton, ça s’est bien passé sur ce col qui était très court et demandait de l’explosivité. Mais en règle générale je préfère les montées un peu plus longues et plus régulières, comme on en trouve sur le Tour de France. Ensuite j’ai été surtout satisfait de la façon dont j’ai disputé le sprint, avec beaucoup de sang-froid même quand c’est devenu très difficile.
Que représente cette victoire d’étape ?
Je tiens tout d’abord à la dédier à toutes les victimes des attentats qui ont eu lieu hier matin dans la gare de Madrid et à leurs familles. Sur le plan sportif, c’est aussi un succès qui sauve mon Paris-Nice et plus globalement celui de l’équipe, puisque nous n’avons aucun coureur placé en bonne position au classement général.
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